L'apothéose Texane
- 17 mai
- 7 min de lecture

Quatorzième journée :
Le jour se lève sur notre petite maison de poupée toute rose.
À 9h, les valises sont chargées dans le coffre et nous disons au revoir à ce joli cocon.
Nous entamons officiellement notre dernière journée complète sur le sol texan.
Pour bien commencer la matinée, nous filons chez Dunkin. L'odeur du café chaud et des donuts frais nous apelle, mais le plaisir est de courte durée : à peine entrés, nous sommes foudroyés par la climatisation. On se croirait dans une chambre froide. De bon matin comme ça, non merci. Nous récupérons notre précieux butin à emporter et nous le savourons dans la voiture. Un petit déjeuner de roadtrippers improvisé quoi !
Waco
Dr Pepper Museum
Ce matin, nous attend une petite visite sympathique : le musée entièrement consacré à l'histoire du Dr Pepper.
Tu l'ignores peut être mais le Dr Pepper est la plus ancienne marque de soda américaine, née ici même à Waco en 1885, quelques mois avant le Coca Cola.
Pour 36$ à trois, nous plongeons dans l'histoire de cette boisson à la recette mystérieuse de 23 saveurs.




Le musée est installé dans l'usine d'embouteillage historique. On y découvre les anciennes machines, l'évolution des bouteilles à travers les âges, les différentes campagnes publicitaires qui ont fait le succès de la marque ... la déambulation est ludique et interactive.







Avec le prix de l'entrée on a le droit à une dégustation offerte.
Nous nous dirigeons naturellement vers la boutique et nous tombons sur des français.
Un couple voyageant avec leur fille, un peu plus jeune que Nevea. La discussion s'engage, pour eux, c'est leur tout premier voyage aux États-Unis et ils ont choisi le Texas pour ce grand baptême.
Ils terminent tout juste leur roadtrip et leur verdict est sans appel : ils sont absolument conquis. Ils nous confient à quel point la gentillesse des américains les a touchés. Venir ici leur a permis de balayer d'un revers de main tous les clichés et les idées reçues qu'on avait pu leur mettre en tête avant le départ. Ah ça ... nous aussi on en aurait à raconter 😄
Magnolia
Nous mettons le cap sur la seconde attraction incontournable de Waco : Les Silos de Magnolia. Pour Anthony et moi, c'est un petit pèlerinage nostalgique. Lorsque Nevea était toute petite, on adorait regarder l'émission Total Rénovation (Fixer Upper) dans laquelle Chip et Joanna Gaines relookaient des maisons de façon spectaculaire.
Ici, c'est un véritable temple. Ils ont transformés d'anciens silos industriels en un immense lieu de vie qui occupe désormais tout un pâté de maisons. C'est l'incarnation parfaite du style de Joanna : une esthétique soignée et incroyablement instagrammable. On y trouve de magnifiques boutiques de décoration, des magasins de plantes, des food-trucks branchés, une boulangerie ... Au centre, une pelouse synthétique pour accueillir les familles pour des pique-niques ou des jeux en plein air. L'ambiance y est très paisible.






Le couple a bâti un véritable empire à Waco. Les touristes peuvent même grimper à bord d'un bus pour faire le tour des maisons rénovées pendant l'émission. Certaines sont même proposées à la location. Mais les tarifs sont un peu élevés. En tout cas, c'est fascinant de voir comme un show télévisé a pu redessiner toute une ville.
Waco Mammoth national monument
Pour seulement 18$ à trois, nous avons découvert un lieu unique au monde.
La visite est relativement rapide, mais elle est impressionnante. Nous nous tenons ici au dessus d'un véritable site de fouilles archéologiques en activité. Protégés par une immense structure suspendue, les fossiles de mammouths reposent exactement là où ils ont été découverts dans les années 70, figés dans la terre depuis des millénaires.
C'est le seul endroit de tous les États-Unis où l'on a retrouvé un troupeau entier composé exclusivement de femelles et de leurs petits, tous morts ensemble, piégés par une crue soudaine et dévastatrice. On imagine la puissance du drame qui a eu lieu ici.





Fort Worth
Nous arrivons enfin vers notre toute dernière étape du voyage : Fort Worth. À nouveau, cette ville que l'on a adorée au début de notre voyage. C'est ici que nous posons nos valises pour notre ultime nuit américaine, au Best Western Plus pour le prix de 79€.
L'ambiance de ce tout dernier check-in sonne le coup d'envoi du compte à rebours final.



24h avant le décollage, le rituel obligatoire commence : l'enregsitrement en ligne. Sur le site d'Air France, je me rends compte qu'ils nous ont attribués d'office les places les plus au fond de l'appareil. Comme notre escale à Paris sera particulièrement courte, je décide de prendre des places libres quelques rangées devant avec mes Miles. Malheureusement, lorsque nos cartes d'embarquement s'affichent, aucun des nouveaux sièges que j'ai réglé ne s'affiche, seulement les anciens. Par contre, le système n'a pas oublié de débiter mes Miles.
Bon, on gèrera ça demain au comptoir.
Pendant ce temps, Anthony file laver la voiture au car wash juste à côté de l'hôtel. Il est l'heure d'effacer la poussière des routes Texanes et les traces de pattes du petit chat du Ranch.
À son retour, l'ambiance générale commence à s'assombrir. La fameuse "déprime du retour" s'invite officiellement dans la chambre. Anthony et Nevea affichent une mine des mauvais jours. Ils n'ont absolument pas envie de quitter le sol américain pour rentrer en France.
De mon côté, je vis les choses de manière un peu plus rationnelle. Si j'aime passionnément être en voyage ici, j'aime tout autant retrouver mon confort et mon quotidien. Mais je dois avouer que j'ai un avantage de taille sur eux : je suis toujours heureuse de retrouver mon travail.
Pour Anthony, le tableau est moins fun. Il sait qu'il rentre sur la période la plus dense et la plus stressante de l'année à son travail. Quant à Nevea, retrouver le collège, les devoirs et les évaluations n'a évidemment rien de réjouissant par rapport à la liberté d'un road trip en famille.
Une dernière Margarita au pays des Cow Boys
Hors de question de passer notre dernière soirée à déprimer dans une chambre d'hôtel ! Pour chasser tout ça, on se met un bon coup de pied aux fesses : ce soir, on s'offre un dernier grand frisson Texan pour assister à un authentique rodéo.
Comme on a un peu de temps devant nous avant le début du spectacle, on file se garer sur le même parking que la première fois, à 10$ cette fois.





On pousse les portes d'un bar de la rue principale et l'immersion est totale : l'endroit est littérallement rempli de vrais cow-boys, chapeaux vissés sur la tête et bottes de cuir aux pieds.
Je savoure ma toute dernière Margarita du voyage. On trinque à ces deux semaines inoubliables.

Le grand Show du Rodéo
Ensuite, direction le Stockyards Championship Rodéo pour le bouquet final. Nous avons payé 46$ par personne.
Pour être honnête, le rodéo est une activité qui ne m'avait jamais tentée auparavant. J'avais pas mal d'appréhensions et peur d'être mal à l'aise avec certaines pratiques.
Anthony en rêvait, et j'ai eu envie de mettre mes préjugés de côté. Quitte à être au Texas, autant vivre les choses à fond.
Nous grimpons dans les gradins pour trouver nos places. Mais un rodéo digne de ce nom ne serait pas complet sans quelque chose à grignoter. On s'esquive donc pour trouver un stand de nourriture pour se ravitailler. Au moment de payer sur le TPE avec ma carte bancaire, l'appareil me pose la question incontournable : le montant du tip que je veux laisser.
Bon, il n'y a aucun service à table, je suis debout devant un comptoir, mais c'est notre dernière soirée et j'ai envie de lui laisser 5$. Je tape calmement 5 sur l'écran et je valide en lui tendant l'appareil.
La serveuse baisse les yeux sur l'écran et explose de rire. Mais genre un énorme fou rire incontrôlable. Elle met le TPE contre sa poitrine, elle se plie en deux à cause de son fou rire. Je la regarde en lui demandant ce qu'il y a, moi aussi je veux rire avec elle !
Elle me sort "Vous venez de me donner 5 centimes de tip !"
Moment de solitude ... Elle m'explique que j'aurais dû taper 5 puis deux zéro pour que ce soit 5$. Bref, je lui tends en cash pour me rattraper.
Mais sur le coup je me suis dit qu'on est vraiment à des années lumières d'avoir la même culture, par moment. Si cette situation s'était produite en France, je pense que le serveur aurait probablement gardé un silence poli, pensant soit à une erreur, soit à un geste de rat, mais sans jamais oser faire la remarque. Ahlala ... anecdote mémorable.

Une fois installée dans les tribunes du Stockyards, je découvre le spectacle d'un autre oeil. L'énergie de l'arêne est tout simplement électrique, portée par un show à l'américaine ultra millimétré. Entre les chanteuses, l'entrée solennelle avec le drapeau américain, l'hymne où tout le monde chante debout avec une main sur le coeur (j'ai versé ma larme), le clown de rodéo qui fait le show, l'adrénaline des cavaliers ... on ne peut qu'être embarqués.
Le respect des traditions et le courage impressionnant des participants prennent le dessus. C'est spectaculaire, vibrant. On a des étoiles plein les yeux.
Je suis bien obligée de reconnaitre que la magie a opéré. C'est des images plein la tête et le coeur gonflé de gratitude que nous terminons cette ultime soirée.
Le voyage tire sa révérance sur une note magistrale. Anthony et Nevea sont unanimes : c'est la meilleure soirée de tout le voyage pour eux !







Aussi, tout autour de nous, on repère de suite les grands habitués. Ils n'ont pas de petits strapontins de touristes, ils sont installés tout devant sur des sièges en cuir réservés aux abonnés à l'année. Je passe une grande partie de la soirée à observer les Texanes. Elles sont d'une élégance folle. Elles portent un jean brut à la perfection, rehaussé d'une petite ceinture qui dépasse à peine, une petite chemise impeccable, et bien sûr, des santiags incroyables qui souvent se font très discrètes avec seulement la pointe visible.
Je ne sais pas si c'est l'émotion de voir ce voyage se terminer, cette peur de laisser le Texas derrière moi, mais j'ai envie de ramener une partie de cette vibe avec moi.
Je n'avais jamais éprouvé cette envie avant, mais là, tout de suite, je veux des santiags !
Dans ma vie de tous les jours, je suis une fille à baskets, point barre. Et puis je sais qu'on a plus aucune place dans les valises. Mais c'est plus fort que moi, je n'ai que ça en tête jusqu'à mon retour à l'hôtel.
Trajet du jour :




































































































































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